Loin du tumulte de Conakry, un espace naturel protégé abrite l’un des centres de recherche les plus stratégiques du pays : l’Institut de Recherche et de Développement des Plantes Médicinales et Alimentaires de Guinée (IRDPMAG) de Dubréka. Ici, la tranquillité de la mangrove, la fraîcheur du sous-bois et la richesse de la biodiversité ne sont pas qu’un décor, ils constituent un patrimoine écologique majeur et un levier scientifique pour la santé publique. Lors d’un voyage de presse dans le cadre du Afri’kibaaru 2, un groupe de journaliste spécialisé sur les questions environnementales et de développement durable est allé à la rencontre des responsables de cet institut de pharmacopée.
Dès les premières minutes sur le site, le message est clair : la nature est souveraine. L’accès est filtré, l’espace est protégé, le jardin botanique de Kopèrè est strictement réglementé. Il s’étendant sur une superficie de 32 hectares, dont 20 hectares de mangrove. Cette enclave écologique abrite une diversité remarquable composée de plantes médicinales, d’oiseaux, de singes, de crustacés, d’espèces rares et des zones humides essentielles à la régulation climatique locale. « Ici, il est formellement interdit d’abîmer un arbre. Même nous, chercheurs, n’arrachons rien pour nos travaux », explique Dr Séré Diane, Directrice Générale Adjointe.

Pour préserver cet équilibre, les équipes de l’Institut préfèrent prélever leurs échantillons en dehors du site, une décision qui témoigne d’une démarche scientifique profondément ancrée dans la conservation.
Quand les traditions s’allient à la science
L’IRDPMAG se distingue par sa capacité à faire dialoguer la pharmacopée et la méthode scientifique. Contrairement aux clichés, les tradipraticiens ne sont pas relégués au folklore. Ils sont des partenaires essentiels, détenteurs d’un savoir empirique transmis sur plusieurs générations. « Ils ont des connaissances précieuses. Notre rôle est de structurer, vérifier et valoriser ces savoirs », précise Dr Diane.
Les chercheurs s’appuient sur leurs recettes, comparent les conceptions traditionnelles des maladies et procèdent ensuite à des analyses approfondies en laboratoire pour déterminer les molécules actives.
Des phytomédicaments déjà accessibles au public

Ce modèle de recherche a permis la mise au point de plusieurs produits reconnus en Guinée Guinéss, destiné au traitement de l’hypertension, Satagass, un complément alimentaire pour les personnes vivant avec le diabète de type 2, un phytomédicament antipaludéen, développé à partir de plantes locales.
Ces formulations 100 % guinéennes démontrent qu’une médecine moderne et crédible peut émerger à partir des ressources naturelles nationales, tout en respectant les écosystèmes.
Idiatou Souaré


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