Le président de la transition, Mamadi Doumbouya, a procédé, ce samedi 18 avril 2026, à une nouvelle série de nominations au sein de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Ce réaménagement concerne à la fois le siège et le parquet de cette juridiction spécialisée dans la lutte contre les crimes économiques et financiers.
Une reconduction à la tête de la CRIEF
À la tête de l’institution, M. Francis Kova Zoumanigi est confirmé dans ses fonctions de président de la CRIEF, signe d’une volonté de continuité dans la conduite des dossiers en cours.
Des ajustements au niveau des chambres
Plusieurs magistrats font leur entrée ou changent de position au sein des différentes chambres.
À la Chambre des appels, sont nommés conseillers : Daye Mara, Lansana Cissé, Raymond Bambé Kamano, Zakaria Koke Camara – précédemment juge d’instruction au tribunal de première instance de Dubréka – ainsi que Fatoumata Diouldé Diallo.
La Chambre de contrôle de l’instruction est désormais dirigée par Ali Badra Koma, ancien doyen des juges d’instruction au tribunal de première instance de Kaloum. Il sera assisté par Aboubacar Conté et Célestin Camara, nommés conseillers à la Chambre spéciale de contrôle de l’instruction.
Du côté de la Chambre de jugement, Alpha Camara, précédemment président de la cinquième section du tribunal de commerce de Conakry, en prend la présidence. Il sera épaulé par Kanda Doumbouya et Mamadou Dian Diallo, ce dernier venant du tribunal de première instance de Kaloum.
La Chambre de l’instruction est confiée à Robert Ouenduno, avec Lansana Keita – auparavant juge au tribunal de première instance de Nzérékoré – comme conseiller.
Un parquet renforcé
Au niveau du parquet spécial, trois substituts du procureur spécial ont été nommés : Ousmane Sanoh, Biwone Millimouno, anciennement en poste au tribunal de première instance de Dixinn, ainsi que Pierre Segbè Kamano, précédemment substitut du procureur de la République près le tribunal de première instance de Mamou.
Entre continuité et repositionnement stratégique
Ces nominations interviennent dans un contexte où la CRIEF occupe une place centrale dans la politique de lutte contre la corruption et la moralisation de la gestion publique en Guinée. Depuis sa création, cette juridiction est régulièrement au cœur de l’actualité, notamment à travers les poursuites engagées contre d’anciens hauts responsables publics.
Si certaines figures sont maintenues à leurs postes, plusieurs nouveaux profils issus des juridictions de première instance font leur entrée, traduisant à la fois une volonté de renouvellement et de consolidation des équipes.
Un remaniement qui interroge
Au-delà de la réorganisation interne, ce remaniement relance le débat sur l’indépendance et l’efficacité de la CRIEF. Cette nouvelle configuration permettra-t-elle d’accélérer le traitement des dossiers emblématiques et de renforcer la crédibilité de la justice économique en Guinée ? Ou s’inscrit-elle dans une dynamique plus politique de recomposition des équilibres au sein de cette juridiction sensible ?
Autant de questions qui alimentent déjà les discussions au sein de l’opinion publique et des observateurs du système judiciaire guinéen. Nous y reviendrons.


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