En Afrique subsaharienne, l’accès au financement bancaire dans l’agriculture est encore limité, surtout en raison des risques associés au secteur. Dans la région, les institutions de l’Union européenne font partie des principales sources de financement extérieur pour les systèmes productifs.
Le groupe bancaire panafricain Vista, basé en Guinée, vient de négocier l’obtention de deux prêts totalisant 30 millions d’euros (34,9 millions $) auprès de la Banque européenne d’investissement (BEI), afin de renforcer l’accès au crédit des PME et ETI (Entreprise de taille intermédiaire) dans le secteur agricole en Guinée et en Sierra Leone.
Les accords de financement ont été signés à Washington, en marge des assemblées annuelles du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, qui se sont tenues du lundi 13 au samedi 18 octobre 2025.
Dans un communiqué publié sur son site, la BEI précise que ces prêts consistent en 23,2 millions $ pour la filiale guinéenne du groupe Vista, Vista Gui, et 11,6 millions $ pour sa filiale en Sierra Leone, Vista Bank (SL).
Il est prévu qu’environ 70 % de ceux-ci soient consacrés au développement des chaînes de valeur agricoles locales, telles que la noix de cajou, le riz, les fruits et légumes, le poisson en Guinée, et le cacao, l’huile de palme, le manioc et le café en Sierra Leone.
« En outre, un programme complémentaire d’assistance technique sera lancé pour aider les banques à utiliser efficacement les fonds. Il renforcera leur capacité de prêt au secteur agricole, soutiendra le développement de produits financiers […] et favorisera l’alignement de leurs systèmes de gestion environnementale et sociale sur les normes de la BEI », souligne le communiqué.
Comme pour la majorité des pays d’Afrique subsaharienne, la Guinée et la Sierra Leone sont des importateurs nets de produits agricoles et agroalimentaires. Le renforcement de l’accès au financement dans l’industrie agroalimentaire est un levier pour améliorer les capacités de production locales et réduire progressivement la dépendance aux importations.
Dans un rapport intitulé « The State of Commodity Dependence 2025 », publié en juillet dernier, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) soulignait par exemple que la Guinée a importé pour près de 889,5 millions $ de denrées alimentaires en moyenne entre 2021 et 2023. Sur la même période, la facture consacrée par la Sierra Leone aux achats de produits agricoles et alimentaires se chiffrait à 472,3 millions $ en moyenne.
Source: Agence Ecofin


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