Au total, 1,16 milliard d’euros de financements ont été annoncés. Ces engagements, dont les plus importants concernent des pays comme la Côte d’Ivoire, le Togo et la RDC, visent à accroître la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique africain et à permettre l’accès à l’électricité pour 100 millions de personnes sur le continent, affirme la rédaction de l’Agence Ecofin.
En deux temps, les 29 septembre et 9 octobre 2025, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé de nouveaux engagements financiers d’un montant total de 1,16 milliard d’euros (1,35 milliard de dollars) en faveur de la transition vers des énergies plus vertes dans 16 pays africains plus la CEMAC.
Ces ressources s’inscrivent dans l’objectif global d’installer 50 gigawatts de capacités en énergies renouvelables et de permettre à 100 millions de personnes supplémentaires d’accéder à l’électricité sur le continent.
Lors de l’annonce du jeudi 9 octobre 2025, à Bruxelles, en marge de la rencontre des parties prenantes de l’initiative Global Gateway Africa co-présidée avec le président sud-africain Cyril Ramaphosa, Ursula von der Leyen a déclaré : « l’Afrique dispose de tout ce qu’il faut pour devenir un leader mondial de l’énergie propre — une vision, des talents et d’abondantes ressources naturelles. Avec ce paquet de l’Équipe Europe, nous nous associons à nos partenaires africains pour alimenter un avenir énergétique propre et durable pour le continent. »
Cet engagement, d’un montant de 618 millions d’euros, concerne huit pays africains, avec des montants allant de 20 millions d’euros pour le Nigéria à 199 millions d’euros pour le Togo. La République démocratique du Congo figure également parmi les bénéficiaires, avec une enveloppe de 90,14 millions d’euros, notamment destinée à la région de Kisangani. Le pays présente un fort potentiel de développement des énergies renouvelables, alors même qu’en 2024, un ancien dirigeant de la Société nationale d’électricité avait estimé à 4 milliards de dollars les dépenses des ménages congolais liées à l’achat de charbon de bois pour la cuisson.
L’autre initiative, annoncée fin septembre 2025, porte sur 545 millions d’euros, dont 66 % sera consacré à la construction et à la modernisation de lignes de transmission électrique en Côte d’Ivoire. Ce programme vise à améliorer l’accès à l’électricité dans les zones rurales du pays et à renforcer les interconnexions régionales entre les États d’Afrique de l’Ouest. Cette ambition s’inscrit dans le cadre du partenariat Afrique–Europe pour les énergies renouvelables. Un officiel de la Commission européenne a précisé que les deux annonces s’articulent autour du même objectif : contribuer au renforcement du segment des énergies renouvelables sur le continent africain.
Selon des statistiques conjointes, environ 600 millions de personnes en Afrique n’ont toujours pas accès à l’électricité, soit 40 % de la population totale du continent, estimée à 1,5 milliard d’habitants fin 2024, d’après le dernier annuaire statistique de la Banque africaine de développement (BAD). Pourtant, bien que l’Afrique concentre 60 % des meilleures ressources solaires au monde, elle n’attire que 3 % des investissements mondiaux dans les énergies renouvelables.
La coopération avec l’Union européenne, aux côtés d’autres partenaires internationaux, constitue un levier utile pour accélérer la transition énergétique du continent. Selon les données de l’African Energy Tracker, les énergies fossiles, principalement les hydrocarbures (gaz et produits pétroliers) et le charbon, dominent encore le mix énergétique africain, alimentant des centrales énergétiques qui possèdent environ 186 gigawatts de capacité installée. Toutefois, dans la catégorie des nouveaux projets annoncés, le solaire occupe une place croissante, avec un objectif combiné proche de 148 gigawatts. Ces derniers projets requièrent néanmoins des financements élevés, qui demeurent difficiles à mobiliser dans les systèmes financiers régionaux.
Source: Agence Ecofin


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