À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, célébrée chaque année le 5 juin, la communauté internationale se mobilise cette année sous le thème « Vaincre la pollution plastique » (#BeatPlasticPollution). Ce mot d’ordre mondial prend une résonance toute particulière en Guinée, où la pollution plastique s’impose désormais comme un défi majeur de santé publique, d’environnement et de développement durable.
Un fléau environnemental croissant en Guinée
Chaque jour, des tonnes de déchets plastiques sont déversées dans les rues, les caniveaux, les cours d’eau et les plages guinéennes. À Conakry, capitale côtière de plus de 2 millions d’habitants, les sachets plastiques obstruent les canaux d’évacuation, aggravant les risques d’inondation pendant la saison des pluies. Les écosystèmes marins et les zones humides, essentiels à la pêche et à la biodiversité, sont étouffés par les résidus plastiques.
Selon des estimations locales, moins de 10 % des déchets plastiques sont recyclés, faute d’infrastructures adaptées, de politiques incitatives et de sensibilisation à grande échelle.
Un lien direct avec la crise climatique et les déplacements
Le plastique n’est pas seulement un déchet visible : il aggrave la crise climatique, contribue à la dégradation des terres et affecte les ressources hydriques. Ces pressions environnementales, combinées aux effets du changement climatique (érosion côtière, sécheresse, inondations), exposent les communautés rurales et urbaines à des risques accrus de déplacement interne.
En Guinée forestière ou en Moyenne Guinée, les perturbations environnementales liées à l’exploitation minière et à la mauvaise gestion des déchets menacent les moyens de subsistance et accentuent l’exode vers les villes.
Des acteurs engagés, mais un cadre à renforcer
Des initiatives locales voient le jour : coopératives de recyclage, campagnes de sensibilisation, projets éducatifs sur l’économie circulaire. Des ONG, des médias comme Guineeline.net, et des startups écologiques innovent pour proposer des alternatives durables. Cependant, le cadre réglementaire reste insuffisant, et la loi interdisant les sachets plastiques, adoptée en 2017, souffre encore d’un manque d’application.
Un appel à l’action coordonnée
À l’image du message de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), il est urgent de replacer la lutte contre la pollution plastique au cœur des politiques publiques en Guinée. Cette lutte doit être inclusive, en intégrant les jeunes, les femmes, les collectivités locales, les personnes déplacées et les membres de la diaspora guinéenne, dont les compétences et les ressources sont précieuses.
Pour une Guinée plus propre, plus résiliente
La Journée mondiale de l’environnement 2025 est plus qu’un symbole : c’est un appel à la responsabilité collective. Vaincre la pollution plastique, c’est protéger nos sols, nos eaux, nos vies. C’est aussi créer des opportunités économiques vertes, favoriser la cohésion sociale et construire un avenir durable pour toutes les générations.
Mamadou Oury Bah


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