Dans la sous-préfecture de Damaro, située à près de 70 kilomètres du chef-lieu de la préfecture de Kérouané, l’accès aux soins de santé demeure un défi majeur pour les populations. Cette commune rurale, forte de plus de 37 000 habitants répartis entre 17 districts et 51 secteurs, souffre d’un déficit criant d’infrastructures sanitaires de proximité, a constaté Guineematin.com à travers son envoyé spécial.
Sur les 17 districts que compte Damaro, seuls 10 disposent de postes de santé fonctionnels. Les sept autres districts, tout comme l’ensemble des 51 secteurs, sont totalement dépourvus de structures sanitaires. Une situation qui contraint de nombreux malades, parfois dans des états critiques, à parcourir de longues distances dans des conditions difficiles pour accéder aux soins.
Président du comité d’hygiène et de salubrité du centre de santé de la sous-préfecture, Kanfing Drissa Camara décrit une réalité alarmante.
« Avant l’arrivée du président de la délégation spéciale, Ansoumane Camara, nous transportions les patients dans des hamacs. Aujourd’hui, il a donné son numéro à tous les présidents de districts et chefs de secteurs, et il nous aide beaucoup », témoigne-t-il.
Ce témoignage met en lumière à la fois la précarité des moyens de transport sanitaire et l’engagement personnel des autorités locales pour soulager les souffrances des populations. Toutefois, malgré ces efforts, les besoins restent énormes.
L’absence d’une ambulance dédiée à la sous-préfecture constitue l’un des principaux obstacles à la prise en charge rapide des urgences médicales. Selon Kanfing Drissa Camara, le recours à l’ambulance de la préfecture de Kérouané est coûteux et difficilement accessible.
« Pour déplacer l’ambulance depuis Kérouané, il faut payer plus de 300 000 francs guinéens. Si nous avions notre propre ambulance, dès qu’il y a un besoin, nous pourrions intervenir rapidement », plaide-t-il, lançant un appel pressant aux autorités compétentes.
Pour les habitants de Damaro, l’amélioration durable de l’accès aux soins passe nécessairement par le renforcement des infrastructures sanitaires, la création de nouveaux postes de santé dans les districts et secteurs non couverts, ainsi que par la dotation en moyens logistiques adaptés. Autant de mesures indispensables pour garantir un minimum d’équité sociale et sanitaire à ces milliers de citoyens vivant dans cette zone rurale de la Guinée forestière.
Source : Guineematin.com


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