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Kindia : plus de 58 000 pieds d’ananas réduits en cendres, l’agriculture abandonnée face aux feux de brousse

6 janvier 2026
in Agriculture
Kindia : plus de 58 000 pieds d’ananas réduits en cendres, l’agriculture abandonnée face aux feux de brousse

La fin de l’année 2025 restera gravée comme un cauchemar pour Boubacar Barry, jeune entrepreneur agricole du district de Samoreya, dans la sous-préfecture de Damakania (préfecture de Kindia). En l’espace de quelques jours, deux incendies successifs ont ravagé l’intégralité de ses plantations d’ananas, détruisant plus de 58 000 pieds et anéantissant plusieurs années d’efforts, d’investissements et d’espoirs.

Dans un témoignage poignant accordé à Guinéenews, l’agriculteur revient sur l’ampleur du sinistre, ses lourdes conséquences et l’abandon dont se sentent victimes de nombreux producteurs face à la recrudescence des feux de brousse.

Des incendies incontrôlables malgré les mesures de prévention

Producteur d’ananas depuis plusieurs années, Boubacar Barry exploitait deux hectares soigneusement aménagés. Conscient des dangers liés à la saison sèche, il affirme avoir pris toutes les précautions nécessaires. « Chaque année, nous sommes confrontés aux incendies. Mais cette fois-ci, la destruction a été totale. Sur un premier site, 20 000 pieds ont brûlé, et sur le second, 35 000 », explique-t-il.

Selon lui, le plus troublant reste l’origine du second incendie. « Le feu est parti de l’intérieur même du champ, alors que toutes les mesures préventives étaient en place. Nous avions nettoyé, installé des pare-feux et éloigné l’herbe sèche sur plusieurs mètres. Malgré cela, le feu a tout consumé. »

Il décrit la rapidité de la catastrophe avec amertume : « La veille, les travailleurs avaient fini le désherbage. Le lendemain, il ne restait que des cendres. Pendant quatre ans, nos pare-feux ont suffi. Cette fois, le feu est passé. C’est un choc immense. »

Des pertes économiques et humaines considérables

Au-delà des plants détruits, les pertes financières sont lourdes. « Dix mille rejets nous ont coûté six millions de francs guinéens. À cela s’ajoutent le défrichage, le dessouchage, le travail du tracteur, le transport, le carburant et la surveillance quotidienne », détaille-t-il.

Mais l’impact ne se limite pas aux chiffres. « Ce champ, c’était des années de travail, de suivi quotidien, de sacrifices. Ce n’est pas seulement de l’argent qui est parti en fumée, c’est une partie de ma vie », confie-t-il, visiblement affecté.

Pour l’instant, l’entrepreneur préfère ne pas chiffrer précisément la perte globale, conscient que les conséquences financières compromettront durablement ses projets agricoles.

Entre peur, silence et absence de protection juridique

Aucune plainte n’a été déposée. Une décision dictée par la crainte. « Engager des poursuites peut créer des tensions dans la communauté. Certains entrepreneurs ont déjà subi des représailles après des arrestations. Je dois protéger ma famille et mes investissements. Je parle pour alerter, pas pour me venger », explique-t-il.

Cette situation révèle un malaise profond dans le monde rural, où l’absence de mécanismes de protection expose les jeunes investisseurs agricoles à l’insécurité, aux conflits communautaires et à l’impunité face aux actes destructeurs.

Une agriculture exposée, un État en retrait

Le drame vécu par Boubacar Barry n’est pas un cas isolé. Chaque année, les feux de brousse causent d’énormes dégâts aux cultures, sans que des réponses structurelles et durables ne soient mises en place. L’absence de zones agricoles sécurisées, de brigades anti-feu fonctionnelles, de sensibilisation renforcée et de sanctions dissuasives favorise la répétition de ces catastrophes.

Malgré les discours officiels en faveur de l’entrepreneuriat agricole et de l’emploi des jeunes, les producteurs restent livrés à eux-mêmes face aux risques climatiques et humains. Cette contradiction fragilise la confiance des jeunes dans l’agriculture comme moteur de développement économique.

Un appel à la responsabilité publique

Malgré tout, Boubacar Barry refuse de céder au découragement. « Deux hectares sont partis en fumée, mais le combat continue. J’invite les jeunes à être courageux et résilients, même si l’agriculture est semée d’épreuves. »

Il lance surtout un appel pressant aux autorités au micro de nos confrères de guineenews : « Nous avons besoin de zones agricoles protégées. Sans sécurité, aucun investisseur sérieux ne prendra le risque de s’engager. Monsieur le Président, autorités locales, nous sollicitons votre soutien. »

 Quand l’inaction nourrit la catastrophe

La destruction de plus de 58 000 pieds d’ananas à Kindia met en lumière un danger récurrent et largement sous-estimé : les feux de brousse, devenus un véritable frein à l’investissement agricole. L’absence de politiques publiques fermes, de dispositifs de prévention efficaces et de protection des exploitations traduit une non-prise de responsabilité de l’État face à un phénomène pourtant connu et récurrent.

Sans mesures concrètes, ces incendies continueront de décourager les jeunes entrepreneurs, d’affaiblir la production nationale et de compromettre les ambitions de souveraineté alimentaire. À Kindia comme ailleurs, la question n’est plus de constater les dégâts, mais d’agir avant que l’agriculture guinéenne ne parte définitivement en fumée.

Oury Bah

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