En voyage de presse dans le cadre d’une formation spécialisée en journalisme environnemental, un groupe de journalistes reporters a plongé le regard dans l’univers méconnu de l’IRDPMAG de Dubréka. Un site où la biodiversité n’est pas seulement protégée mais aussi transformée en solutions médicales pour la population.
Au centre du dispositif, des chercheurs passionnés travaillent à donner une nouvelle vie aux plantes médicinales de la pharmacopée guinéenne. Parmi eux, Dr Guillao Mori, du département des sciences pharmaceutiques, résume son rôle avec rigueur et enthousiasme :
« Nous faisons la mise en forme médicamenteuse des drogues végétales. Cela peut être des granulés, des gélules ou des extraits standardisés. Mon travail consiste à transformer les résultats des recherches en médicaments utilisables pour l’Institut et pour la population. »
Pour lui, Dubréka est bien plus qu’un simple site d’expérimentation, c’est une réserve naturelle aux promesses immenses. « Sa richesse est immense. C’est ici que nous tirons nos matières premières. La pharmacopée guinéenne est vaste et permet de traiter de nombreuses maladies grâce au savoir de nos tradipraticiens. »
L’ambition du chercheur est claire : la mise en place d’une unité moderne de production pour fabriquer des phytomédicaments en quantité suffisante pour le marché national.
Un lieu porté par l’histoire des habitants
Dans ce jardin botanique, certains y travaillent et y ont grandi. C’est le cas de Yamoussa Camara, technicien du site, qui y entretient encore aujourd’hui ses racines familiales.
« Je suis né ici. Enfant, je venais jouer dans cette zone. J’aidais mes parents à planter des arbres. Ce sont eux, les anciens, qui ont commencé à reboiser le secteur », raconte-t-il avec émotion.
Aujourd’hui, il veille à la protection de ce patrimoine naturel où chaque espèce compte. « Ici, l’air est pur. Beaucoup d’espèces végétales soignent différentes pathologies. Mais comme c’est un espace protégé, rien ne doit être arraché. Si on a besoin d’une espèce, on va la chercher ailleurs. » Son message s’adresse directement à la jeunesse. « Les jeunes doivent préserver cet environnement. C’est un bien commun pour les générations futures. »
Un centre d’excellence à bout de souffle
Malgré son potentiel scientifique exceptionnel, l’IRDPMAG se heurte à une réalité budgétaire difficile : équipements insuffisants, coûts d’analyses élevés, absence d’infrastructure de production industrielle.
« La recherche demande des moyens importants. Sans soutien, il est difficile d’avancer », regrette le Dre Diane Directrice Générale Adjointe de l’institut.
Un constat qui menace la pérennité des travaux menés par les chercheurs, techniciens et cadres du centre.
Dubréka n’est pas un sanctuaire figé : c’est un espace où la nature, le savoir ancestral et la science moderne s’unissent au service de la santé publique. L’IRDPMAG en est la preuve vivante. Avec un appui renforcé des autorités et une implication citoyenne accrue, ce centre pourrait devenir l’un des pôles scientifiques les plus prometteurs d’Afrique de l’Ouest dans le domaine des plantes médicinales.
Car protéger cet environnement aujourd’hui, c’est aussi garantir les médicaments de demain.
Idiatou Souaré


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