Loin des solutions importées, l’entreprise Moon Soft Bio innove avec une technologie locale unique en son genre. Un dispositif de fonderie permettant de recycler les plastiques broyés en bacs sous forme de contreplaqué. Une avancée écologique et économique majeure, freinée cependant par des défis techniques et le manque de financement. Guinéeline.net est allé à la rencontre de l’équipe à la base de cette ingénierie à sa tête Gbadé KOIVOGUI principal concepteur de cette innovation.

Dans un contexte mondial de lutte contre la pollution plastique et la recherche d’alternatives énergétiques durables, Moon Soft Bio fait figure de pionnière en Guinée. L’entreprise a développé un « dispositif de fonderie des plastiques broyés » pour concevoir plaques qui peuvent matériaux en fer.
Contrairement aux idées reçues, ces appareils ne sont pas importés. « C’est bien Moon Soft Bio qui a conçu cette technologie pour permettre de transformer les plastiques en plafonds rigides », utilisés ensuite pour fabriquer les plaques des biodigesteurs. Une démarche locale, circulaire et innovante. » se réjouit M. Koïvogui.

Au cœur de ce système, un four à presse, deux appareils en un, permet de fondre les plastiques broyés et de leur donner une nouvelle forme. « Le plastique est placé sur un plateau chauffant, puis pressé pendant 1h30 », explique le concepteur. Mais cette durée est variable. « En théorie, avec une tension électrique normale de 230 volts, il suffirait de 45 minutes ». Malheureusement, l’instabilité du courant constitue l’une des difficultés majeures rencontrées par l’équipe.
Une fois le cycle terminé, le four produit « une plaque sous forme de contreplaqué », avec des « revêtements à faire pour la rendre lisse et attirante ». Ces plaques servent ensuite à fabriquer les bacs destinés aux biodigesteurs ou aux kits hydroponiques.
L’un des points faibles de cette technologie est son manque d’automatisation. « Le levage de la plaque inférieure vers la plaque supérieure se fait encore manuellement », faute de moyens. Pourtant, « il serait possible d’automatiser ce système à l’aide de vérins électriques ou pneumatiques », une solution techniquement faisable mais coûteuse. D’autant plus que la « machine mesure 2 mètres sur 1 mètre et doit produire des plaques d’environ 15 mm d’épaisseur », ce qui « demande énormément d’énergie ».

Consciente de son potentiel, l’équipe de Moon Soft Bio lance un appel aux partenaires et bailleurs de fonds « Si nous avons un soutien, c’est l’une des premières choses à laquelle nous allons penser », affirme le concepteur avec espoir.
Avec des moyens adaptés, cette technologie pourrait être optimisée et déployée à plus grande échelle, renforçant ainsi l’autonomie énergétique et la lutte contre les déchets plastiques en Guinée et au-delà.
Boèboè BEAVOGUI


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