La sous-préfecture rizicole de Kabak est aujourd’hui menacée par l’érosion côtière. Autrefois grenier rizicole de la Guinée maritime grâce à une digue emblématique, Kaback voit aujourd’hui son littoral se dégrader sous l’effet de l’érosion côtière et de l’abandon des infrastructures de protection. Lors d’un voyage de presse, notre rédaction a rencontré le Professeur Kandé Bangoura, océanographe qui a étudié le site de Kaback entre 2011 et 2016. Il tire la sonnette d’alarme sur cette réalité qui ne laisse aucun habitant de la zone indiffèrent.
Ce spécialiste des milieux côtiers connaît bien Kaback. Il y a mené une étude entre 2011 et 2016, mais sa relation avec le site remonte bien plus loin. « Je connaissais déjà Kaback à l’époque de la première digue de protection, qui faisait la fierté de la localité. Grâce à cette infrastructure, Kabak produisait du riz en abondance, alimentant les marchés des villes voisines comme Conakry », a ajouté le professeur en océanographie.

En rappelant le passé de la digue qui cédé il y a 16 ans, professeur Kandé Bangoura précise que l’histoire de cette digue remonte aux années 1975-77, lorsqu’une entreprise chinoise l’implantait pour la première fois. À l’époque dit-il, le phénomène de changement climatique n’était pas encore perceptible, et le niveau de la mer ne posait pas de menace immédiate selon le spécialiste. Cette digue n’a tenu que pendant cinq ans. Et les brèches n’ont pas tardé à apparaître, nécessitant des restaurations successives. Après le départ du partenaire chinois, une autre entreprise, RAGEL, est intervenue pour ériger une nouvelle digue, cette fois en utilisant des conteneurs métalliques remplis de sable et de vase. Une solution qui s’est révélée précaire. Ces conteneurs se sont érodés, créant encore plus de brèches, déplore l’océanographe.
En 2016, sous la présidence d’Alpha Condé, un nouveau projet de restauration a été lancé. Une entreprise tente alors une reprise des travaux de protection côtière. Mais le projet n’aboutira jamais. Aujourd’hui, seuls quelques troncs de palmiers alignés le long de la côte témoignent des efforts inachevés. Ce sont les reliques que vous voyez là-bas, précise le spécialiste.

Kaback, jadis source de fierté et de richesse, est aujourd’hui en sursis face à l’avancée de la mer. Le silence des autorités et l’échec des projets successifs ne font qu’aggraver une situation déjà critique. Pour le Pr Bangoura, il est urgent d’agir avant que la mer n’engloutisse définitivement ce pan du patrimoine agricole guinéen.
Idiatou Souaré


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