Touché par une pénurie d’eau potable, les habitants du district de Kaleah, situé dans la sous-préfecture de Kabak, préfecture de Forécariah se demandent à quel saint se voue. Nous avons rencontré Mabinty Sylla, une citoyenne de cette localité lors d’un voyage de presse initié à l’occasion de la formation scientifique des journalistes spécialisés sur les questions environnementales, par CFI sous financement de l’AFD tenue les 21 et 22 mai 2025. Mabinty parle des difficultés quotidiennes rencontrées par les femmes de cette localité pour trouver cette denrée vitale.
Nous sommes à Kaleah dans la sous-préfecture de Kaback. Ici, avoir de l’eau ne serait-ce que pour la lessive est un parcours de combattant pour les femmes et jeunes filles. Rencontré au bord d’un trou creusé à ciel ouvert, Mabinty Sylla est venu puiser de l’eau uniquement pour la cuisine et la lessive. La jeune dame âgée d’une trentaine d’année à peine explique la difficulté que les femmes rencontrent pour avoir de l’eau.

« Le problème d’eau est très difficile ici. Nous sommes à l’attente de l’eau pour que la quantité augmente dans le trou avant de pouvoir puiser. Ce n’est même pas un puits, c’est juste un grand trou pour accéder à l’eau. Nous pouvons faire plus de trente minutes en train d’attendre qu’il ait suffisamment d’eau pour puiser. Et attendre encore qu’il y ait une autre quantité pour remplir toutes nos bassines. » A-t-elle expliqué avant d’expliquer le manque de qualité de cette eau et du temps à prendre pour avoir cette denrée.
Là, les femmes puisent par ordre d’arrivée. Celle qui arrive la première va d’abord finir de remplir ses bassines avant qu’une autre ne puise à son tour parce qu’il n’y a pas assez d’eau dans le trou. L’eau puisée de ce trou n’est pas directement utilisée. Il faut la désinfecter avec du chlore C puis attendre reposer pendant plusieurs heures ensuite filtrer avant toute utilisation.

Malgré tout ce temps passé pour avoir une eau de qualité et en quantité insuffisante, il faut encore aller plus loin pour avoir de l’eau à boire.
« L’eau à boire est très difficile à trouver ici. Nous partons très loin pour avoir de l’eau buvable. Ça nous prend deux heures de marche aller-retour. Là-bas aussi, ce n’est pas une source aménagée, c’est de l’eau à l’état naturel. Mais comme elle a une apparence plutôt claire, nous nous contentons de cela. », ajoute la jeune dame à la série de difficultés.
Les deux forages existants (un à Yelibanè et l’autre à Manqué), la localité sont encore plus éloignés que les autres sources d’eau. Un bidon d’eau de 20 litres est vendu à 2500 GNF, mais si les moyens économiques leur permettent, les habitants de Kaleah et des autres districts de Kaback préfèrent en acheter au lieu de parcourir toute cette distance pour puiser.

La jeune dame lance un appel aux autorités et personnes de bonne volonté pour venir en aide aux citoyens de son district. « Nous avons trop souffert du manque d’eau à Kaleah. Nous demandons aux autorités de nous aider à avoir de l’eau. C’est le plus grand problème que nous avons ici. Surtout quand on a une cérémonie, il faut deux semaines de préparation seulement pour l’eau. On emprunte les bassines et fûts qu’on va remplir et déposer. ».
Il faut noter que la commune rurale de Kaback est à 48 kilomètres de la commune urbaine de Forécariah soit environ 1h et 10 minutes en voiture. Le point d’eau susmentionné est à environ 10 mètres du bloc administratif de la sous-préfecture.
Boèboè BÉAVOGUI


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