Un nouveau drame vient endeuiller la préfecture de Mandiana, en Haute-Guinée. Cinq femmes ont trouvé la mort lundi 9 mars 2026 à la suite de l’effondrement d’un puits d’exploitation sur un site d’orpaillage artisanal situé à Kanté-Doubalandou, dans la sous-préfecture de Dialakoro.
Selon des informations recueillies auprès de sources locales, l’accident s’est produit sur le site aurifère connu sous le nom de Djökola, un lieu fréquenté quotidiennement par de nombreux habitants de la zone à la recherche d’or.
Les victimes participaient aux activités de lavage et de traitement du minerai lorsqu’une partie du puits s’est soudainement affaissée. L’éboulement qui a suivi les a ensevelies sous les décombres, provoquant une vive panique parmi les travailleurs présents sur le site.
Dans cette région de la Haute-Guinée, l’orpaillage artisanal constitue l’un des principaux moyens de subsistance pour de nombreuses familles. Cette réalité explique la forte présence de femmes sur les sites d’exploitation, malgré les conditions de travail particulièrement dangereuses.
Joint par téléphone par nos confrères de guineenews, Amara Kanté, dont un membre de la famille figure parmi les victimes, raconte avoir entendu le bruit de l’effondrement alors qu’il se trouvait non loin du site.
« J’étais assis dans un café près de la mine lorsque nous avons entendu un grand bruit. Nous avons immédiatement compris que les parois du puits venaient de céder », témoigne-t-il.
Selon lui, les victimes sont quatre femmes mariées et une jeune fille. Parmi elles se trouvait sa belle-mère, Koumba Kanté.
« Après l’accident, nous avons passé toute la nuit à participer aux recherches pour retrouver les corps », explique-t-il avec émotion.
À la suite du drame, les habitants de la localité ainsi que des jeunes venus des villages environnants se sont mobilisés pour mener les opérations de fouille. Les recherches ont duré plusieurs heures avant que les cinq corps ne soient finalement extraits des décombres.
« L’accident est survenu dans l’après-midi et ce n’est qu’autour de 20 heures que les corps ont été retrouvés. Les jeunes de Balandougouba nous ont beaucoup aidés dans les recherches », précise Amara Kanté.
Les dépouilles ont ensuite été transportées dans une structure sanitaire avant d’être remises aux familles pour leur inhumation, dans une atmosphère de profonde tristesse et d’émotion au sein de la communauté.
Ce drame survient moins d’un mois après un autre éboulement meurtrier survenu à Kondianakoura, toujours dans la préfecture de Mandiana, où dix femmes avaient perdu la vie dans des circonstances similaires.
La répétition de ces accidents remet une nouvelle fois en lumière la question de la sécurité sur les sites d’orpaillage artisanal, où les travailleurs exercent généralement sans équipements de protection, sans encadrement technique et dans des conditions extrêmement précaires.
Alors que l’orpaillage artisanal constitue une source de revenus essentielle pour des milliers de familles en Guinée, ces tragédies récurrentes soulèvent une question de fond : combien de vies faudra-t-il encore perdre avant qu’une véritable politique de sécurisation et d’encadrement de l’exploitation artisanale ne soit mise en place ?
Au-delà de l’émotion suscitée par ces drames, le débat reste ouvert sur la responsabilité des autorités, des collectivités locales et des acteurs du secteur minier pour mieux organiser cette activité devenue indispensable à la survie de nombreuses communautés.
Oury Bah


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