Le village de Pouskine situé à environ 5 km de la commune rurale de Mambia, dans la préfecture de Kindia, beaucoup impacté par l’exploitation de la compagnie des Bauxites de Kindia (CBK) est actuellement menacé. Malgré les impacts négatifs que subissent les citoyens de cette localité, Pouskine ne bénéficie de presque rien des redevances, pourtant versées aux collectivités pour compenser les effets négatifs et appuyer le développement des localités abritant l’exploitation.
Pouskine, un village pollué par l’exploitation de la bauxite
Le village de Pouskine est à 3 km du carrefour Débélen. Il est situé à l’Est par le dépôt de bauxite brut de la cité, à l’Ouest par la mine de la CBK qui exploite à haute altitude sur la montagne, au Nord par la mine de Débélen et au Sud par le district de Mambia centre. Les 700 habitants de cette localité gèrent aujourd’hui les séquelles de l’exploitation de la bauxite dans leur zone. toutes les rivières sont polluées par la boue ou la poussière qui proviennent des montagnes où se trouvent les mines de la CBK. Au-delà du manque d’eau potable et d’infrastructures de base, notamment des écoles, centres de santé et lieux de loisirs, il y a les maladies hydriques ou pulmonaires liées à l’exploitation, la dévastation du couvert végétal, la dégradation des terres cultivable et des lits des cour d’eau, le rétrécissement des espaces d’élevage entre autres. En majorité agropastorales, les citoyens de Pouskine ont du mal à trouver des aires de culture et l’élevage reste encore secoué.
Au-delà, d’un forage, des hangars transformés en salles de classe construits par la CBK dans le cadre de sa responsabilité sociétale ou du goudron qui traverse le village pour la cité, les villageois n’ont aucun résultat de l’exploitation de la bauxite sur la terre de leurs ancêtres. Et plus grave encore, l’argent des redevances versées à Mambia pour compenser les effets de l’exploitation sur le village et ses habitants n’a jamais servi à faire quoi que ce soit à Pouskine, se lamentent les citoyens. Une chose que confirme le vice-président de la délégation spéciale de Mambia.
Le cri de cœur d’un citoyen en détresse
Abdoulaye Soumah, représentant des jeunes de Pouskine dit tout d’abord que le secteur de Pouskine ne bénéficie rien des redevances minières que la CBK paye pour le développement des zones impactées par son projet. Et cela malgré les impacts négatifs que nous vivons ici au quotidien. « La preuve est que nous sommes plus de 700 habitants dans ce village avec un seul forage pour la fourniture d’eau potable. Et regardez l’état dégradé de ce forage. La commune rurale de Mambia qui reçoit en principe les redevances à notre nom, doit investir dans les communautés qui vivent les séquelles de l’exploitation. Cet argent que donne la CBK est une façon de compenser les impacts négatifs de l’exploitation et il doit être investit dans le développement local. Nous sommes au centre de l’exploitation minière, mais nous n’avons pas d’infrastructures de base. Il y a un manque de salles de classes pour nos enfants. La seule école qui est là, qui est d’ailleurs un vieux hangar de Rusal CBK transformée est insuffisante. Le nombre d’enfants augmente chaque année et les salles de classes ne varient pas. On n’a pas de maison de jeunes pour tenir nos réunions ou recevoir des hôtes. Quand on a des étrangers, il nous faut les envoyer à Baloni, Carrefour Debelen ou à Mambia pour les recevoir. Et ça c’est inacceptable. On n’a pas de centre de santé. Nos malades se déplacent à 5 ou 7 km pour avoir des soins et ça c’est très compliqué face à certaines situations, comme des crises ou autres », se lamente-t-il.
Sur la fourniture d’eau potable, il note qu’il y a un manque criard d’eau potable, parce que le seul forage que dispose le village ne peut pas satisfaire le besoin des habitants. « Nous sommes obligés de fermer le forage de 10 h à 16h pour permettre à tout le monde d’avoir un peu d’eau et éviter que le forage ne tombe en panne. Parce que quand il tombe en panne, c’est nous-mêmes qui cotisons pour réparer le forage. Une fois, il est tombé en panne et nous avons demandé à la commune de Mambia de nous aider à le réparer. Ça a été un refus catégorique. Notre seul marigot est pollué par la boue rouge dégagée par la mine de la CBK. Du fait qu’il n’y a pas de forage près de l’école, les enfants boivent cette eau polluée avec tous les risques sanitaires. Nous n’avons pas de plaines cultivables à cause de cette exploitation. Nous avons écrit à plusieurs reprises à l’entreprise et à la mairie de Mambia, mais aucune suite favorable n’a été donnée à notre requête », précise Abdoulaye Soumah.
Mamadou Oury Bah


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