Premier fournisseur mondial de bauxite avec 182 millions de tonnes exportées en 2025, la Guinée ambitionne de franchir un cap dans la transformation locale de cette matière première. Cette volonté s’est notamment traduite par le lancement de nouvelles raffineries d’alumine ces derniers mois.
En Guinée, la compagnie minière publique Nimba Mining Company (NMC) prévoit la construction d’une nouvelle raffinerie d’alumine, avec une mise en service envisagée à l’horizon 2030. Ce projet s’ajoute à deux autres usines déjà en développement dans le pays, premier fournisseur mondial de bauxite, qui ne dispose à ce stade que d’une seule raffinerie en activité, l’usine Friguia du russe Rusal.
Cette échéance a été avancée par Patrice L’Huillier, directeur général de Nimba Mining Company, lors d’une interview publiée mardi 5 mai par Agence Ecofin. L’infrastructure envisagée devrait afficher une capacité annuelle d’environ un million de tonnes d’alumine, un produit issu de la transformation de la bauxite et intermédiaire dans la chaîne de production de l’aluminium. À ce stade, des études de faisabilité sont en cours pour une durée d’environ un an et demi, suivies de deux à trois années de construction, précise-t-il.
Il faudra probablement attendre les résultats de ces études pour obtenir davantage de précisions sur les paramètres économiques et techniques du projet, notamment son coût. À titre de comparaison, les raffineries actuellement en construction par les sociétés chinoises State Power Investment Corporation (SPIC) et le Winning Consortium Alumina Guinea (WCAG) sont respectivement budgétisées à 1,03 milliard USD et 1,2 milliard USD, pour une capacité projetée similaire d’environ 1,2 million de tonnes d’alumine.
« Il s’agit d’un projet de longue date, pour lequel les premières études avaient déjà été réalisées au début des années 2010 et dont le site est identifié. Notre ambition est désormais d’entrer dans une phase d’exécution concrète. Cette initiative s’inscrit pleinement dans la stratégie de NMC et du gouvernement visant à développer la transformation locale de la bauxite et à générer davantage de valeur ajoutée en Guinée », a déclaré le dirigeant.
Ensemble, ces développements s’inscrivent en effet dans la stratégie nationale visant à promouvoir la transformation locale dans l’industrie minière. Cet objectif est particulièrement affirmé dans le secteur de la bauxite, dont la Guinée est le premier fournisseur mondial, avec 182 millions de tonnes expédiées en 2025. Le pays entend ainsi mieux valoriser cette position en transformant davantage sa production en alumine, un produit vendu en moyenne quatre à cinq fois plus cher que la bauxite. Sur le Shanghai Metals Market, l’indice de prix de l’alumine s’établit actuellement à 346 USD la tonne, contre 67,5 USD la tonne pour la bauxite guinéenne CIF Chine.
L’enjeu réside désormais dans la mise en œuvre efficace de ces différents projets, conformément aux calendriers respectifs annoncés et malgré les défis inhérents à ce type d’initiative. Pour sa part, NMC qui relève en ce sens des défis en matière de capital humain sur des compétences techniques spécialisées, doit aussi piloter en parallèle la remise en service de sa mine de bauxite, dont les activités n’ont repris qu’en décembre 2025 après plus d’un an d’arrêt, sur fond de litige entre l’État et son ancien opérateur, Emirates Global Aluminium (EGA).
Agence Ecofin

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