En ce début de Ramadan musulman et de Carême chrétien, les coupures répétées d’électricité dans la commune urbaine de Kindia suscitent inquiétude, frustration et pertes économiques chez de nombreux habitants. Une situation d’autant plus préoccupante qu’elle intervient dans un contexte de fortes chaleurs, rendant le quotidien des ménages et des commerçants particulièrement difficile.
Selon un reportage de Guineematin.com, plusieurs quartiers de la ville font face depuis des jours à des délestages sporadiques. À Condetta 3, un secteur alimenté par la ligne Wondy issue du poste 110, l’électricité se fait rare, perturbant fortement les activités économiques locales.
Mabinty Soumah, vendeuse dans le quartier, témoigne des pertes subies :
« Depuis deux jours, nous n’avons pas de courant. J’ai préparé du bissap pour une valeur de 350 000 francs guinéens, mais je n’ai rien vendu faute d’électricité. En cette période de Ramadan, c’est très difficile pour nous », déplore-t-elle.
Le même désarroi est partagé par de nombreux ménages. L’instabilité du courant compromet la conservation des aliments, tandis que la chaleur et la prolifération des moustiques rendent les nuits éprouvantes. Madame Adama Barry, résidente de Condetta, confie à nos confrères : « Nous avions préparé des boissons pour la rupture du jeûne, mais le courant est faible et instable. Tout ce qui était dans les frigos a pourri. Nous ne dormons plus à cause de la chaleur et des moustiques. Nous demandons à l’État de nous venir en aide. »
Face à ces plaintes, la direction locale de Électricité de Guinée (EDG) reconnaît les difficultés. Joint lors d’une visite au poste 110 de Samoreyah, dans la sous-préfecture de Damakania, Ibrahima Camara, responsable d’exploitation, évoque des contraintes techniques.
« Ces coupures peuvent être liées à des défauts, des surcharges ou des déséquilibres de phases, entraînant le déclenchement des disjoncteurs. Les clignotements observés montrent qu’une intervention technique est nécessaire », explique-t-il.
Pour une solution plus durable, l’EDG annonce l’installation prochaine de deux travées de 50 mégawatts chacune, dont un transformateur de 50 MW, soit plus de trois fois la capacité actuelle du poste. Les responsables appellent toutefois la population à la patience et encouragent l’adoption des compteurs prépayés pour améliorer la gestion du réseau.
Un débat de fond sur l’accès à l’électricité
En attendant un retour à la normale, les habitants de Kindia s’interrogent : comment garantir un service électrique stable dans les villes secondaires, surtout lors des périodes sensibles comme le Ramadan, le Carême et les épisodes de canicule ?
Au-delà des annonces techniques, la situation relance le débat sur la gouvernance du secteur de l’électricité, l’anticipation de la demande urbaine et la capacité des services publics à répondre aux besoins essentiels des populations. Une question centrale pour le bien-être des citoyens, mais aussi pour le développement économique local.
Karim Camara


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